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20.05.2026 09:05 AM
L’inflation au Royaume-Uni chute brutalement, contre toute attente

Aujourd'hui, l’Office for National Statistics du Royaume‑Uni a publié les données d’inflation pour le mois d’avril, qui ont largement dépassé les attentes. La livre a réagi à cette nouvelle de manière assez prévisible : elle a d’abord reculé, puis s’est rapidement reprise.

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Le rapport a indiqué que l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 2,8 % en glissement annuel, contre 3,3 % en mars, alors que le marché attendait un repli à 3,0 %. À première vue, cela semble être une bonne nouvelle ; toutefois, il est essentiel de comprendre qu’il s’agit d’un phénomène temporaire et non d’un retournement de tendance.

Le ralentissement de l’inflation s’explique principalement par le régulateur de l’énergie Ofgem, qui a mis en place un nouveau plafonnement des prix de l’électricité et du gaz à partir du 1er avril. Les prix de l’électricité ont baissé de 8,4 % en avril après avoir augmenté de 2,9 % en mars, et cela a constitué le principal moteur du repli global. En d’autres termes, les données ont été améliorées non pas par l’économie, mais par une décision administrative de la banque centrale.

Concernant l’inflation sous-jacente, elle a également reculé : le Core CPI s’établit désormais à 2,5 % contre 3,1 % en mars, et l’inflation dans le secteur des services est passée de 4,5 % à 3,2 %. C’est un signal quelque peu plus rassurant, car la Bank of England prête une attention particulière au secteur des services lorsqu’elle prend ses décisions de taux.

Comme mentionné plus haut, il est important de comprendre que si l’inflation a reculé en avril, elle se prépare à un rebond d’ici la fin du printemps. Des prix de l’énergie élevés devraient pousser l’inflation au‑dessus de 4 % cette année. Deutsche Bank anticipe qu’après la baisse d’avril, l’inflation se redressera en mai et au‑delà, à mesure que le choc iranien commencera à se refléter pleinement dans les données. Les factures de gaz des ménages ne devraient augmenter qu’en été, et c’est à ce moment‑là que le rapport révélera la véritable image.

Entre‑temps, les marchés intègrent dans les cours une hausse de taux de 25 points de base de la BoE lors de la réunion de juillet, ce qui les porterait à 4 %. La banque centrale surveille de près les « effets de seconde vague » : la hausse des revendications salariales et le transfert des coûts vers les consommateurs. Dans le scénario central, la banque centrale prévoit une inflation à 3,6 % d’ici fin 2026, tandis que dans le scénario le plus défavorable, elle pourrait atteindre 6,2 % début 2027.

Pour la livre sterling, les données publiées aujourd’hui présentent une situation ambivalente. Le recul de l’inflation en deçà des attentes atténue théoriquement la pression en faveur de hausses de taux agressives, ce qui affaiblit le soutien à la monnaie. Cependant, le marché comprend clairement le caractère temporaire du résultat d’avril et, à en juger par les anticipations persistantes de hausse de taux en juillet, n’est pas pressé de réviser ses prévisions de politique monétaire. Il est probable que l’impact de ces données sur la livre reste limité — au moins jusqu’à la publication des chiffres de mai, qui montrera dans quelle mesure le choc énergétique iranien s’est déjà infiltré dans l’inflation britannique.

Miroslaw Bawulski,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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