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15.07.2026 07:26 PM
EUR/USD. La faiblesse des données de l’indice PPI pèse sur le dollar américain

Le rapport sur l’Indice des prix à la production (PPI) publié aujourd’hui constitue le deuxième signe consécutif d’un assouplissement des pressions inflationnistes aux États-Unis, après les données de l’Indice des prix à la consommation (CPI) d’hier. Il s’agit d’une évolution importante. Alors que le rapport sur le CPI signalait un ralentissement de la hausse des prix au niveau des consommateurs, le rapport sur le PPI a montré que les pressions sur les prix diminuent également au stade de la production, réduisant ainsi le risque que la hausse des coûts de production continue d’être répercutée sur les consommateurs.

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Selon les données publiées, l’indice global des prix à la production (PPI) a, contre toute attente, reculé de 0,3 % sur un mois en juin, après une hausse révisée à la hausse de 0,6 % le mois précédent. Il s’agit de la première variation mensuelle négative depuis septembre de l’année dernière. La plupart des analystes prévoyaient un indice stable, à 0,0 %. En rythme annuel, le PPI global a ralenti à 5,5 % après avoir atteint un plus haut de trois ans à 6,0 %. Ce chiffre est lui aussi ressorti inférieur aux attentes, les économistes anticipant une hausse à 6,2 %.

La principale raison de ce net ralentissement du PPI global réside dans la baisse des prix de l’énergie, en recul de 6,4 %, dont une chute de 12 % des prix de l’essence. La baisse des prix alimentaires a également contribué à la dynamique globale de désinflation.

Cependant, le PPI de base, qui exclut les composantes les plus volatiles, demeure l’indicateur le plus important. Sur un mois, le PPI de base n’a progressé que de 0,2 %, alors que la plupart des analystes attendaient une hausse plus marquée de 0,4 %. De plus, la mesure alternative excluant non seulement l’alimentation et l’énergie, mais aussi les services commerciaux — le « supercore PPI » — n’a augmenté que de 0,1 %, ce qui témoigne d’un relâchement généralisé des tensions sur les prix à la production. En glissement annuel, le PPI de base a ralenti à 4,7 % en juin, après 4,9 % en mai, bien en deçà du consensus, fixé à 5,2 %. Il s’agit du deuxième ralentissement mensuel consécutif.

Le rapport PPI de juin doit être analysé en parallèle avec les données d’inflation CPI de juin, ces deux publications dressant ensemble un tableau cohérent d’une désinflation qui se généralise.

Le rapport CPI de juin a mis en évidence un infléchissement de l’inflation au niveau des consommateurs. Plus important encore, le signal clé ne tenait pas seulement au repli de l’inflation globale — largement lié à la baisse des prix de l’énergie — mais au ralentissement inattendu de l’inflation sous-jacente. Cela suggère que la hausse des prix commence à se modérer dans les composantes les plus persistantes du panier de consommation.

Le rapport PPI publié aujourd’hui est venu confirmer ce signal du point de vue des producteurs. Il indique que les entreprises sont de moins en moins enclines à répercuter sur les consommateurs la hausse de leurs coûts de production via des prix de vente plus élevés.

C’est précisément pour cette raison que les deux rapports sur l’inflation se renforcent mutuellement. Si seul le CPI avait ralenti, le repli aurait pu être attribué essentiellement à la baisse des prix de l’essence. À l’inverse, si seul le PPI s’était affaibli, l’incertitude serait restée forte quant à la vitesse à laquelle cette tendance se transmettrait aux consommateurs. Or, l’inflation montre désormais des signes de modération simultanément aux deux stades de la chaîne des prix : les pressions sur les prix à la production s’atténuent en premier, puis la hausse des prix ralentit au niveau des consommateurs. Surtout, les deux rapports pointent vers un ralentissement de l’inflation sous-jacente. Pour la Réserve fédérale, il s’agit d’un signal bien plus significatif que l’évolution de l’inflation globale, car les mesures de base offrent une indication plus fiable des tendances inflationnistes de fond.

Pris ensemble, les rapports CPI et PPI de juin suggèrent que les pressions inflationnistes dans l’ensemble de l’économie américaine s’atténuent de manière plus généralisée, et ne se contentent pas de réagir à des fluctuations temporaires des prix de l’énergie.

Il convient également de noter que le PPI est traditionnellement considéré comme un indicateur avancé de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), la mesure de l’inflation privilégiée par la Réserve fédérale. Par conséquent, la combinaison d’un CPI plus faible et de données PPI plus modérées renforce la probabilité que le PCE de base de juin confirme lui aussi la poursuite de la tendance désinflationniste. En définitive, cet indicateur devrait jouer un rôle déterminant dans l’orientation des futures décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale.

Le rapport PPI de juin a accentué la pression à la baisse sur le dollar américain, déjà affaibli après la publication des données CPI de juin. Cette combinaison de facteurs fondamentaux continue de soutenir les acheteurs de EUR/USD, qui sont parvenus à maintenir la paire dans la zone des 1,14, avec des échanges entre la partie médiane et la bande supérieure de Bollinger sur le graphique quotidien (1,1410–1,1470). À moyen terme, le scénario reste favorable aux acheteurs tant que la paire évolue au-dessus de 1,1410. Dans le même temps, 1,1470 demeure la première barrière haussière pour les acheteurs. Une cassure durable au-dessus de ce niveau ouvrirait la voie vers la zone 1,1500–1,1530. Toutefois, le contexte fondamental et technique actuel ne fournit pas encore de justification suffisante pour un tel scénario.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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