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Les indices ZEW de juillet publiés aujourd’hui se sont révélés nettement plus solides que prévu, presque tous les composants dépassant les prévisions de consensus, faisant de cette publication l’un des signaux macroéconomiques les plus encourageants pour la zone euro de ces derniers mois.
Cela dit, la réaction mitigée du marché à ce rapport ne doit pas en diminuer l’importance. Les intervenants restent pour l’instant dans une attitude attentiste, réticents à prendre des positions significatives sur l’EUR/USD en raison de l’incertitude persistante entourant le conflit au Moyen-Orient. En conséquence, les développements géopolitiques éclipsent pour l’instant l’enquête ZEW. Néanmoins, ces indicateurs devraient regagner l’attention du marché, en particulier si les données PMI de cette semaine s’avèrent elles aussi supérieures aux attentes.
Selon les chiffres publiés, l’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne a bondi à 26,3 en juillet, bien au‑dessus des prévisions de 18,0, contre 10,5 en juin. Il s’agit de son plus haut niveau depuis février. De plus, l’indice a désormais progressé pendant trois mois consécutifs, ce qui marque une tendance haussière nette (à titre de comparaison, il s’établissait à -17,2 en avril).
L’indice ZEW de la situation actuelle en Allemagne s’est amélioré pour atteindre -77,6, contre -81,0 en juin. Il s’agit de la première amélioration de cet indicateur au cours des trois derniers mois.
Parallèlement, l’indice ZEW du sentiment économique pour la zone euro est monté à 23,4, après une légère progression à 9,5 en juin. La plupart des analystes tablaient sur une amélioration beaucoup plus modeste, à 11,2.
Une hausse de plus de 15 points de l’indice des anticipations en l’espace d’un seul mois est un phénomène très inhabituel. Cela suggère que les investisseurs institutionnels et les analystes financiers sont devenus nettement plus optimistes quant aux perspectives économiques pour les six prochains mois.
Cela soulève naturellement la question suivante : pourquoi l’indice s’est‑il autant amélioré en juillet ?
À mon sens, deux raisons principales expliquent ce renforcement du climat des affaires.
Premièrement, les répondants ont réagi positivement au programme économique du gouvernement allemand. Celui‑ci inclut des incitations fiscales, des réformes du marché du travail, des réformes des retraites et des mesures visant à alléger la charge bureaucratique pesant sur les entreprises. Ensemble, ces initiatives ont renforcé les anticipations d’une accélération de la croissance économique au second semestre.
Deuxièmement, l’économie allemande montre déjà les premiers signes de reprise. Les données économiques récentes ont mis en évidence une amélioration de la production industrielle (+0,9 %), une hausse des commandes à l’industrie (+1,2 %) et un raffermissement des ventes au détail (+4,3 %). La poursuite de l’amélioration de l’indice ZEW global laisse penser que les investisseurs considèrent de plus en plus ces évolutions non pas comme de simples fluctuations isolées, mais comme le début d’une reprise plus durable.
En outre, malgré les tensions persistantes autour de l’Iran et le maintien de prix du pétrole élevés, les personnes interrogées dans le cadre de l’enquête ZEW ne jugent pas que la situation géopolitique actuelle soit une raison suffisante pour réviser à la baisse leurs perspectives à moyen terme concernant la reprise économique de l’Allemagne. Cette perception contribue également à expliquer la résistance des acheteurs de EUR/USD. Malgré l’escalade des tensions entre les États‑Unis et l’Iran, la paire reste cantonnée autour du niveau de 1,14, ce qui reflète la conviction des traders que l’escalade actuelle est temporaire plutôt que structurelle.
Comme mentionné précédemment, l’indice de la situation actuelle demeure fortement négatif. Il s’est toutefois amélioré, passant de -81,0 — son plus bas niveau depuis décembre 2025 — à -77,6.
Pris ensemble, les indices ZEW indiquent que les investisseurs continuent de considérer la conjoncture actuelle en Allemagne comme fragile, tout en restant confiants dans le fait que l’économie se redressera progressivement au cours des six prochains mois. Une telle combinaison de signaux est d’ailleurs assez typique des premières phases d’un retournement de cycle économique.
Dans l’ensemble, l’enquête ZEW de juillet envoie un signal important d’amélioration du sentiment des investisseurs. Toutefois, prise isolément, elle a peu de chances d’influencer de manière significative l’orientation de la politique de la Banque centrale européenne. Le rapport prendra beaucoup plus de relief si les chiffres des PMI allemands et de la zone euro publiés cette semaine font également apparaître une nette amélioration, en particulier si le secteur des services repasse en zone d’expansion après trois mois consécutifs sous le seuil de 50 points. Dans ce cas, la vigueur des résultats ZEW serait interprétée comme un indicateur avancé d’une véritable reprise de l’activité. Si, en revanche, les PMI déçoivent, l’optimisme reflété par l’enquête ZEW restera à confirmer et pourrait s’avérer prématuré.
Par conséquent, le tableau actuel reflète surtout une amélioration du sentiment plutôt qu’un changement fondamental des perspectives économiques. L’indice de la situation actuelle demeure profondément négatif, ce qui signifie que des données « dures » plus solides — telles que les PMI, la croissance du PIB et les chiffres de la production industrielle — seront encore nécessaires pour confirmer qu’une reprise durable est engagée.
Cela explique également en partie la réaction mesurée des traders sur EUR/USD au rapport publié aujourd’hui. Pour l’instant, l’enquête ZEW doit être perçue davantage comme un signal précoce d’une reprise future que comme la confirmation définitive d’une amélioration substantielle de la conjoncture dans la zone euro.
Par ailleurs, l’attention des marchés reste aujourd’hui presque entièrement tournée vers l’évolution du conflit entre les États‑Unis et l’Iran, après la publication par Axios d’informations selon lesquelles des médiateurs auraient proposé un cessez‑le‑feu de dix jours, période durant laquelle les négociations diplomatiques reprendraient.
À ce stade, ni Washington ni Téhéran n’a confirmé ni démenti ces informations. En conséquence, l’incertitude demeure élevée, et la paire EUR/USD continue de fluctuer dans la zone 1,1410–1,1470, alternant entre mouvements haussiers et baissiers de court terme sans parvenir à inscrire une tendance directionnelle durable.