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La situation au Moyen-Orient s’est fortement aggravée ces derniers jours — la mise à l’épreuve la plus sérieuse de la trêve d’avril depuis sa signature.
Israël a de nouveau frappé les banlieues sud de Beyrouth. L’Iran a répliqué par des tirs de missiles sur le territoire israélien pour la première fois depuis avril, après quoi Israël a attaqué des cibles militaires à l’intérieur de l’Iran — des explosions ont été signalées à Téhéran, Ispahan, Tabriz et Karaj. Le cessez-le-feu est de fait en train de voler en éclats. Pourtant, le président Trump continue d’affirmer qu’il y a eu quelques avancées.
Les médias rapportent que Trump a appelé Netanyahu avant les frappes, le pressant de ne pas faire dérailler les pourparlers avec Téhéran, mais il n’a pas été écouté. Après les frappes, le président américain a déclaré qu’elles ne devaient pas compromettre le processus de paix et a exprimé l’espoir qu’Israël s’abstiendrait de nouvelles représailles, avertissant du risque d’une escalade pouvant durer plusieurs années. C’est un signal important : Washington essaie de maintenir la voie diplomatique ouverte, mais perd clairement de l’influence sur les actions de son allié.
Pour sa part, Téhéran a qualifié les actions américaines de violation de la trêve et a fait porter à Washington la responsabilité de toute nouvelle escalade. Le président du Parlement iranien, Ghalibaf, est allé plus loin en déclarant que les bases militaires américaines dans la région deviennent des « cibles légitimes » en raison de leur soutien à Israël. C’est une menace directe que le marché ne peut ignorer : les bases au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis seraient exposées, c’est‑à‑dire à proximité immédiate du détroit d’Ormuz.
Il convient de noter que le front libanais est devenu le vecteur par lequel la guerre s’élargit. L’Iran insiste pour que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans tout accord global avec les États‑Unis, tandis qu’Israël poursuit ses opérations et ne se considère lié par aucun accord entre les États‑Unis et l’Iran. Parallèlement, la campagne à Gaza se poursuit, et l’Égypte mène un nouveau cycle de pourparlers avec le Hamas : le conflit se déploie simultanément sur plusieurs fronts.
Avec ce niveau d’escalade, la menace d’une nouvelle fermeture complète du détroit redevient réelle — un scénario que les marchés pétroliers ont longtemps tenté de ne pas intégrer dans leurs prix. Si les menaces iraniennes contre les bases américaines se matérialisent et que les États‑Unis répondent par des frappes sur le territoire iranien au‑delà du cadre actuel du conflit, les prix du pétrole pourraient bondir fortement, tout comme la demande de dollar américain en tant que valeur refuge.
Sur le plan technique, les acheteurs de l’EUR/USD doivent se concentrer sur le franchissement de 1,1540. Ce n’est qu’à cette condition qu’un test de 1,1560 serait envisageable. À partir de là, un mouvement vers 1,1580 est possible, même s’il serait difficile d’aller plus loin sans le soutien de gros intervenants. L’objectif plus lointain serait le sommet à 1,1600. À la baisse, je n’anticiperais un intérêt acheteur conséquent qu’autour de 1,1505. En cas de faiblesse des achats à ce niveau, il serait préférable d’attendre un repli vers un nouveau plus bas à 1,1480 ou d’envisager des positions longues à 1,1445.
Concernant la paire GBP/USD, la tâche immédiate des acheteurs est de dépasser le niveau de résistance à 1,3345. Cela ouvrirait la voie à 1,3375. Un franchissement au‑dessus de ce niveau serait difficile, et la prochaine cible se situerait dans la zone de 1,3410. En cas de recul, les vendeurs tenteront de prendre la main à 1,3315. S’ils y parviennent, une cassure sous ce niveau porterait un coup sévère aux haussiers et pousserait la livre vers 1,3290, avec la perspective d’une extension de la baisse jusqu’à 1,3255.