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La paire croisée EUR/GBP a enregistré sa quatrième séance consécutive de hausse, poursuivant son rebond à partir de ses plus bas niveaux pluriannuels autour de 0,8455. Le principal moteur de cette progression a été la publication mercredi de données d’inflation mitigées au Royaume-Uni.
L’indice des prix à la consommation (CPI) a ralenti en juin à 2,6 % en glissement annuel, après 2,8 % en mai, passant sous les prévisions de 2,7 %. Toutefois, l’indice de base, qui exclut les composantes volatiles, est resté à 2,6 %, dépassant le consensus établi à 2,5 %. Cela indique le maintien de pressions inflationnistes dans l’économie malgré le ralentissement global.
Bank of England : pause dans le resserrement. Les données publiées sur l’inflation et le marché du travail (le rythme de progression des salaires a ralenti, les embauches se sont affaiblies) ont réduit la pression pesant sur la BoE pour un resserrement immédiat de sa politique monétaire. Le ralentissement de l’inflation à 2,6 % écarte de fait la possibilité d’une hausse des taux lors de la réunion de juillet de la BoE. Les marchés intègrent pleinement un relèvement de 25 points de base uniquement pour la réunion de novembre, et les analystes avertissent qu’une politique restrictive dans un contexte de faiblesse économique augmente le risque de révisions baissières des anticipations de taux.
Risques budgétaires au Royaume-Uni. Une pression supplémentaire sur la livre vient de l’incertitude entourant la politique budgétaire du nouveau Premier ministre Andy Burnham. Les investisseurs évaluent la manière dont le gouvernement financera ses plans de dépenses, ravivant les inquiétudes quant à la soutenabilité de la dette publique. L’optimisme initial lié au changement de direction s’estompe rapidement, et les risques pesant sur la stabilité budgétaire du Royaume-Uni reviennent sur le devant de la scène.
BCE : attentes d’une pause « hawkish »
Mercredi, l’attention des marchés était tournée vers la réunion de la BCE. Il est largement anticipé que la banque centrale maintienne le taux de dépôt à 2,25 % après la hausse de juin. Toutefois, le signal clé sera la rhétorique de sa présidente, Christine Lagarde. Les marchés s’attendent à ce qu’elle « laisse la porte ouverte » à une hausse de taux en septembre, sur fond de risques inflationnistes persistants, notamment compte tenu de la hausse des prix de l’énergie liée aux tensions géopolitiques.
Facteur géopolitique. La reprise des hostilités entre les États‑Unis et l’Iran et les menaces de blocage des détroits propulsent les prix du pétrole à la hausse, ravivant les inquiétudes concernant l’inflation mondiale. Cela exerce une pression supplémentaire sur la livre, le Royaume‑Uni étant importateur net d’énergie, mais cela renforce également les anticipations de resserrement de la politique de la BCE, ce qui soutient l’euro.
D’un point de vue technique, tant qu’elle se maintient au-dessus du niveau de support important à court terme de 0,8515 (MMA 200 sur le graphique horaire), la paire EUR/GBP conserve une perspective haussière à court terme. Sur le graphique 4 heures, le cours se dirige vers la prochaine zone de résistance située entre 0,8551 et 0,8587 (MMA 144 et 200 périodes). Par ailleurs, malgré la correction observée depuis le début de l’année, la tendance de fond de la paire demeure haussière.
Le niveau de support stratégique à 0,8477 (EMA 144 sur le graphique mensuel) a tenu, fournissant le soutien nécessaire au prix.
Désormais, pour que la paire reprenne sa tendance haussière à long et moyen terme, elle doit franchir des niveaux de résistance clés à 0,8598 (EMA 200 sur le graphique hebdomadaire), 0,8635 (EMA 200 sur le graphique quotidien, EMA 50 sur le graphique hebdomadaire), puis poursuivre sa progression.
Les premières résistances se situent à 0,8551 et 0,8568. Une sortie haussière au-dessus de ces niveaux, confirmée par les indicateurs, pourrait ouvrir la voie vers 0,8587 (50 EMA sur le graphique quotidien) et 0,8600, puis vers la zone 0,8635–0,8700. Les premiers supports se trouvent à 0,8515 (niveau clé et 200 EMA sur le graphique 1 heure), 0,8500 et 0,8477. Une cassure en dessous, confirmée par les indicateurs, pourrait ouvrir la voie à un nouveau test des plus bas annuels.
| Date | Événement | Prévision / Attente | Impact attendu sur l’EUR/GBP |
|---|---|---|---|
23 juillet | Réunion de la ECB | Attente de maintien du taux à 2,25 % | Signal « hawkish » = mouvement haussier ; « dovish » = pression baissière |
23 juillet | Conférence de presse avec Christine Lagarde | — | Moteur clé pour l’euro |
31 juillet | Indice de confiance des consommateurs de la zone euro (juillet) | Prévision : -16,8 | Des données solides = soutien pour l’EUR |
Tout au long de la semaine | Évolutions de la situation géopolitique | — | Escalade = soutien pour l’EUR ; désescalade = soutien pour le GBP |