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Lagarde a également souligné que les effets de la hausse des prix de l’énergie pourraient se manifester pendant une période considérable. En d’autres termes, l’inflation ne réagit pas pleinement à une hausse ponctuelle des prix du pétrole au cours d’un seul mois. Il lui faut plus de temps. Si le conflit entre l’Iran et les États-Unis se prolonge (mais pour combien de temps encore ?), l’inflation continuera d’accélérer et de se diffuser à l’ensemble des secteurs de l’économie, y compris les services et les prix alimentaires. La Banque centrale européenne s’attend à ce que l’inflation dans l’UE commence à ralentir au plus tôt dans la seconde moitié de 2027, et seulement au prix d’un resserrement de la politique monétaire.
Concernant l’économie, Lagarde adopte une position modérément optimiste. Elle estime que l’économie européenne continuera d’enregistrer une croissance modérée, mais que le conflit au Moyen-Orient pourrait la freiner. Les perturbations dans l’approvisionnement en pétrole et en gaz pourraient réduire les revenus des citoyens européens, entraînant une baisse de la consommation ainsi qu’un recul des investissements.
En résumé, je peux tirer les mêmes conclusions qu’avant la réunion de la BCE. Premièrement, la politique monétaire dépendra du conflit au Moyen-Orient, de la situation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, ainsi que des prix du pétrole. Deuxièmement, les décisions seront prises sur la base des derniers rapports sur l’inflation, la croissance économique et l’activité des entreprises. Troisièmement, la BCE n’agira pas dans la précipitation, car cela ralentirait l’économie européenne. Quatrièmement, si nécessaire, la BCE est prête à relever ses taux d’intérêt. Cinquièmement, ces informations n’intéressent guère les intervenants de marché.
À mon sens, les résultats de la réunion de la BCE ne peuvent pas être qualifiés de « dovish ». Par conséquent, il n’y avait aucune raison pour que le marché vende l’euro jeudi. Néanmoins, nous avons observé un repli de l’euro, ce qui correspond pleinement au tableau des vagues. Dans ce contexte, après l’achèvement de la vague 5 en C, nous pourrions assister à une hausse bien plus logique de la paire EUR/USD.
Il est certain que la position de la Federal Reserve en matière de politique monétaire doit également être prise en compte. Cependant, je tiens à vous rappeler qu’à la dernière réunion, le FOMC Committee n’avait même pas laissé entendre une possible hausse des taux avant que le marché ne se précipite pour acheter des dollars. Ainsi, au moins un cycle de resserrement monétaire a déjà été intégré dans les prix. Dans ce contexte, le dollar poursuit sa hausse mais perd progressivement ses facteurs de soutien. La géopolitique lui apporte un certain appui, mais pendant combien de temps la demande pour la devise américaine pourra-t-elle continuer d’augmenter uniquement sur la base d’un seul conflit géopolitique ? À mon sens, le marché a depuis longtemps besoin de passer à autre chose.
Sur la base de mon analyse de EUR/USD, je conclus que l’instrument reste inscrit dans un segment de tendance haussière, tandis que, dans une perspective plus court terme, il évolue au sein d’un segment de tendance baissière. À mon avis, c’est un bon moment pour envisager l’ouverture de positions longues, mais l’instrument peut encore reculer vers la zone des 1,13 dans le cadre de la vague 5 en C. L’analyse des vagues réserve souvent des surprises, c’est pourquoi je commencerais à me réorienter vers des achats.
L’analyse des vagues pour l’instrument GBP/USD a pris une forme assez complexe. Actuellement, l’instrument a construit trois vagues à la baisse, tandis que EUR/USD pourrait en former cinq. Par conséquent, la livre sterling pourrait également former une vague baissière supplémentaire, tout comme l’euro, mais cette vague pourrait être la deuxième au sein d’un nouveau segment de tendance haussière. Ainsi, la divergence des structures de vagues entre l’euro et la livre existera, mais elle sera probablement peu significative. Sur cette base, j’anticipe un repli baissier à court terme, suivi de la formation d’un nouveau segment de tendance haussière, avec des objectifs initiaux situés autour des zones 1,37–1,38.